L’histoire de «découverte» de la tombe de Louis XI et Charlotte de Savoie en 1889 : les faits et leur analyse. 2002. Suite. (4 e partie) Article 4. Original en russe. N’a pas été publié en France.

 

2002. Suite. Article 4. (De la série des publications dans la revue " Le Moyen Age", consacrées à l'étude de la sépulture de Louis XI.) Original en russe.Cet article est envoyé au rédacteur en chef du « Moyen Age» Georges Bernage en 2003, mais il n’était pas publié en France.

 

L'histoire de la «découverte» du tombeau de Louis XI et de Charlotte de Savoie en 1889: Faits et leur analyse. Article 4.

 

Traduction en français L.N. Ivko

 

dédié avec respect au père  Lucien Millet, dont

l’ouvrage a aidé à établir la vérité.

Auteur.

 

Ainsi, l'étude de la sépulture royale et du contenu des sarcophages la première semaine a donné l’information extrêmement contradictoire. Premièrement, on a établi que les crânes, représentant le roi et la reine, étaient réellement fabriqués artificiellement des crânes de trois hommes et d’une femme. Avec cela les fragments du crâne d’une femme étaient exposés comme la partie faciale du roi Louis XI, et les fragments des crânes de deux hommes représentaient la reine Charlotte de Savoie. Deuxièmement, il a également été établi que la femme enterrée dans un grand sarcophage, comme son crâne ne pouvaient pas appartenir à l'épouse de Louis XI, parce que la reine était morte à l’âge plus jeune que la femme dont le squelette était dans un grand sarcophage. Troisièmement, il a été constaté que la découverte même de deux squelettes des adultes dans le sarcophage et le fait de la présence du sarcophage pour l’enfant était en  contradiction avec des informations historiques sur les circonstances de la vie et de la mort du roi Louis XI et des membres de sa famille. Et enfin, la présence des restes de cinq autres personnes non identifiées mettait en doute  l’authenticité de la sépulture du roi Louis XI et de Charlotte de Savoie.

En outre, l'absence des preuves directes et précises dans les documents médiévaux de ce que le couple royal a été enterré dans la basilique de Notre-Dame de Cléry justement dans le caveau au centre de l'église mettait en question le lieu même de l'enterrement du roi. Peut-être que Louis XI a été enterré dans un autre caveau inconnu  pour le moment de la basilique de Notre-Dame de Cléry? Alors, il n'était pas clair pourquoi l'administration de Louis XI a ordonné de dériger le monument au roi justement près de ce caveau? C’est que justement l'emplacement du monument et les témoignages du curé de la basilique de Notre-Dame de Cléry Louis Saget, qui en 1889 a découvert la sépulture du couple royal dans un grand sarcophage, sont les uns des témoignages fondamentaux de l'identité des restes d'un grand sarcophage à Louis XI et à son épouse Charlotte de Savoie jusqu’à ce jour . Ces deux faits - l'emplacement du monument au roi dans la basilique et la place même de l'ouverture de Louis Saget sont automatiquement des arguments qui affirment  la véridicité de la sépulture même du roi.

Ainsi, il est devenu objectivement nécessaire d'examiner soigneusement les circonstances de l'ouverture de la sépulture du couple dans le sarcophage "royal" dans la sépulture «royale» de la basilique en 1889. Il était également nécessaire d'étudier les documents de 1617-1622, concernant la création d'un monument à Louis XI dans le centre de la basilique.

Pour préciser l'information sur les circonstances de l'ouverture de la sépulture de Louis XI, nous nous sommes adressés directement au témoignage du «pionnier» lui-même du tombeau royal Louis Saget qui  exerçait les fonctions du curé dans la basilique de Notre-Dame de Cléry de 1880 à 1913.

Malheureusement, Louis Saget n'a laissé aucunes notes. Nous avions seulement la notation de ses témoignages faite par un autre curé de la basilique le père Lucien Millet qui servait de 1913 à 1957 à Cléry. Lucien Millet a laissé un petit livre «Notre-Dame de Cléry», publié par l'Association «Les Amis de Cléry» (Nous avons utilisé la réédition en 1993). Dans son petit livre Lucien Millet a fixé soigneusement toutes les informations dont il dispose sur la découverte des restes du roi.

Comme il s'est avéré, L. Saget n'était pas le premier qui  «découvrait» officiellement la tombe royale.

Ainsi, encore en 1792, le tombeau a été ouvert par «plombier Huguet de Beaugency» par ordre du Comité révolutionnaire de Beaugency, soi-disant dans le but de la soustraction du plomb - des restes du cercueil pour les besoins techniques: «Un ouvrier plombier, nommé Huguet, envoyé par le chef du district de Beaugency avec mission de prendre le plomb des cercueils qu’il pourrait trouver, vint à Cléry pour chercher le caveau...»[106]. Tel est le prétexte officiel de la visite de Huguet de Beaugency. Heureusement, Huguet de Beaugency a laissé les témoignages de ce qu'il avait vu dans la sépulture royale. Dans son livre, Lucien Millet  donne cette description avec référence à De Torquat "Histoire de Cléry" * . Nous citons littéralement: «…l’entrée en avait été murée. On perça la voûte et on trouva un cergueil de pierre dont le couvercle  avait été renversé et brisé. Ce cercueil contenait, parmi quelques ossements,  un crâne scié en deux parties; près de là gisaient des ossements d’adulte et d’enfant  mêlés à des morceaux de plomb, à des fragments de vitres et à des débris d’etoffe de velours et de soie [105]» ** (mes italiques - S.A.G).

Ensuite, selon Lucien Millet, Huguet de Beaugency a ramassé ces morceaux de plomb et donc il croyait sa mission épuisée: «Huguet se contenta de remplir son office en enlevant le plomb des cercueils ...» [105] Pour confirmer qu'il n'a rien pris pour lui-même et qu’il n'a rien troublé dans la sépulture royale, il a laissé cette description (de tout ce qu'il avait vu dans le caveau) et il a pris le moine M.Creuzé à témoin, a mis la date de la visite de la sépulture et a signé: «....demanda à un chanoine, M.Creuzé, de venir constater qu’il ne violait pas la sépulture du roi et que les ossements restaient intacts. Il inscrivit son nom et la date sur la paroi du caveau. M.Greuzé fit déposer dans ce caveau  un reliquaire envoyé de Rome au chapitre et l’on referma la voûte..»[p.105]. ** (mes italiques - S.A.G).

Toutes les traces de l'inscription ont disparu – écrit ensuite Lucien Millet.

Les témoignages donnés par Huguet de Beaugency sont très intéressants: premièrement, en 1792, il a découvert dans la sépulture royale: 

1) un seul sarcophage;

2) dans le sarcophage, il ne trouve qu’un seul crâne scié, composé de deux parties;

Et deuxièmement, nous avons vu les restes d'un adulte et d'un enfant dans un petit sarcophage et non pas sur le sol à côté de lui.

Par conséquent, en 1792, dans un caveau royal***  deux personnes ont vu seuleument un  sarcophage pour un adulte et les restes seuleument d'un crâne comprenant deux parties et quelques os et non pas deux squelettes de deux adultes. **

Malgré l'absence du deuxième sarcophage, du deuxième crâne et du deuxième squelette dans la description de Huguet de Beaugency, tout le reste correspond à l'image actuelle dans la sépulture royale (restes mixtes d'un adulte et d’un adolescent, seuleument non pas sur le sol, mais dans le petit sarcophage).

L'auteur a de bonnes raisons de croire au témoignage de Huguet de Beaugency et du moine M.Greuzé, comme nous allons le voir, leur description a été confirmé par une autre comission. Et deuxièmement, la vraie raison de la visite de Huguet de Beaugency exclut totalement tout le vol, le mélange des os, etc.

La description de la deuxième ouverture officielle du tombeau du roi en 1818, donnée par Lucien Millet donne l’information encore plus intéressante. Elle mérite d’être citée entièrement: «Le tombeau fut ouvert une deuxième fois en 1818, peu avant la restauration du monument de Michel Bourdin. Par décision de M. Lainé, ministre et secrétaire d'Etat au ministère de l'Intérieur, prise le 22 novembre et le 17 décembre 1817, l'opération se fit 1e 17 juillet 1818. M. le comte Maxime de Choiseul d'Aillecourt, chevalier de plusieurs ordres, membre de l'Institut, préfet du Loiret, était accompagné de M. Pagot, architecte, de M. Romagnési, statuaire, de M. le comte de Rossetot et de son fils, de M. Nicolas Saget, curé, et de M. Bignon, vicaire.

Comme en 1792, une ouverture fut pratiquée dans la voûte et M. Pagot descendit dans le caveau.

Il y trouva un cercueil de pierre dont le couvercle était renversé; il renfermait des ossements humains, notamment un crâne scié en deux parties, le tout mêlé sans ordre à différents débris.

Au désordre répandu dans le caveau, il fut facile de reconnaîtra que l'on y avait déjà pénétré. D'ailleurs, sur un mur, on lisait le nom de celui qui y était déjà venu en 1792 (i).****       

 

Voici le procès-verbal qui fut alors dressé en présence de M. le Préfet du Loiret:  

 

Nous, soussigné, comte Maxime de Choiseul d'Aillecourt, chevalier de l'ordre royal de la Légion d'honneur,  de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, membre de l'Institut de France et préfet du Loiret, nous sommes trans­porté aujourd'hui vendredi, dix-sept juillet mil huit cent dix-huit, à dix heures du matin, dans l'église de Notre-Dame de Cléry à l'effet de reconnaître la place qu'occupait le mausolée de Louis XI, roi ds France, et l'état du caveau qui existait au-dessous de ce monument.**

Nous avons, en présence de M. le maire de Сléry, da MM. le curé de cette ville et son vicaire, do M. le comte de Rosselot et de son fils, notre secrétaire intime, de M. Romagnési, statuaire, ordonné l'ouverture da la tombe qui recouvrait le caveau dont la voûte, dans sa partie supérieure, a été par nous trouvée détruite. M. Pageot**, architecte de notre département, est descendu dans le caveau, a examiné le sarcophage découvert dans lequel était un crâne scié qui nous a été présenté.**

A gauche du sarcophage et sur deux dés se trouvait placée une boîte longue de 60 centimètres, haute et large de trente, scellée de cinq cachets de deux empreintes, dont quatre visibles en cire rouge, présentant un écus-son coupé dont le chef est orné de trois fleurs de lys, au-dessous trois épées, le tout surmonté d'un chapeau duquel descendaient dix houppes.

Cet architecte voulant enlever la dite boîte, elle se réduisit en grande partie en poussière, laissant à découvert les os d'un squelette dont la tête est très endommagée. Parmi ces os était une lampe en terre brisée, scellée dans du mortier, dans laquelle se trouvait une éponge; le tout reposait sur des aromates qui se réduisaient en poussière au plus léger toucher.

Nous recueillîmes lé tout dans une nouvelle boîte que nous avons déposée à la sacristie pour la replacer dans le caveau après le rétablissement de la voûte.

En foi de quoi nous avons signé le présent procès-verbal et ont signé avec nous:

de Choiseul, préfet du département du Loiret; S. J. Lemaigre, maire; Saget, curé de Cléry, Bignon, vicaire de Cléry; Baschet, adjoint; Pagot, architecte du département; Romagnési, le comte de Rossetot, R. de Rossetot.»

Comme vous pouvez le voir dans le procès-verbal dressé le 17 juillet 1818 par le préfet du département Loiret le comte Maxime de Choiseul d'Aillecourt et par les autres fonctionnaires: dans la sépulture royale la commission a redécouvert:

1) un sarcophage de pierre;

2) dans le sarcophage - un crâne scié;

3) et aussi le 17 Juillet 1818, la commission a vu encore l'inscription: «Ouver par moi. Huguet de Bougency, 1792 (sic) »

4) Comme en 1792, la commission ne mentionne rien du petit sarcophage, et ne mentionne plus des restes d'un adulte et d’un enfant sur le sol à la gauche du sarcophage de pierre dont Huguet de Beaugency a fait savoir.

5) En outre, la Commission indique que la sépulture royale était située directement sous le monument à Louis XI? Actuellement, la sépulture royale est située devant et à droite du monument. La question naturelle se pose de là: peut-être le vrai tombeau de Louis XI est sous le monument au roi de M.Bourdin? En tout cas, ni Lucien Millet, ni Louis Jarry ne disent que le monument a été déplacé vers un autre emplacement. Au contraire, Louis Jarry fait même savoir qu’après la rédaction du procès-verbal la commission du comte Maxime de Choiseul d'Aillecourt «…Puis, au nom du gouvernement, il fit rétablir sur le caveau le monument royal...»[310 Jarry]?**

D’autre part, la commission décrit en détail la boîte en bois 60x30x30 cm, scellée avec de la cire rouge avec les armes: (description)  «de trois fleurs de lys, au-dessous trois épées, le tout surmonté d'un chapeau duquel descendaient dix houppes.»

Il n’y a pas de doute que c’est cette boîte qui est la trace unique de l’intervention de Huguet de Beaugency. Rappelons-nous la relique de Rome, que M.Greuze a laissé lors de sa visite avec Huguet de Beaugency de la sépulture royale en 1792.

Cette supposition est confirmée par le témoignage de M. Baschet, ajoint, qui a confirmé qu’en 1792, dans une boîte dans le tombeau de Louis XI (évidemment par ordre d'un officier supérieur, M. de Cluny, et peut-être avec la participation de M. Baschet lui-même) Huguet de Beaugency a déplacé les os de la famille des ducs de Saint-Aignan : «Par suite de nos recherches pour découvrir d'où provenaient les ossements déposés dans la boîte placée à gauche du sarcophage, M. Baschet, adjoint, qui a signé  ci-après, a reçu l’attestation d’un officier municipal en 1792, qui a assisté à la violation de ce tombeau: «Que les ossements appatiennent à la famille des ducs de Saint-Aignan; aue cette boîte, accompagnée de titres, a été trouvée dans une armoire du trésor du chapitre de Cléry; que M. de Cluny, qui n’existe plus, alors administrateur du district de Beaugency, la déposa en sa présence dans le tombeau de Louis XI.» [107-108]

La participation de M. Baschet dans la deuxième commission indique le vrai but de la deuxième visite de la sépulture royale –prendre les restes des ducs de Saint-Aignan, conservés au temps inquiet de la révolution, ce qui a été fait.

Apparemment, le transfert de ces restes, et non pas l'extraction du plomb dans la sépulture royale en 1792 était l'objectif principal de la visite de Huguet de Beaugency.

Etant donné que pendant la révolution cette action était dangereuse pour expliquer le but de la visite, on a trouvé un autre prétexte  - l’extraction du plomb pour les besoins de la révolution. Afin de détourner tout soupçon de Huguet de Beaugency ce n’est pas lui-même mais le moine M.Greuze a transféré «le reliquaire de Rome» avec les restes des ducs de Saint-Aignan dans « le tombeau de Louis XI».

C'est pourquoi, en réalisant une mission délicate qui ne pouvait pas être communiquée ouvertement dans les années de la révolution, Huguet de Beaugency a fait tout pour détourner de son nom  tout soupçon d'ingérence dans l'intérieur de la sépulture royale : à cette fin, il l’a décrit en présence d'un moine et a laissé l’inscription sur le mur: («Ouver par moi Huguet de Baugency», 1792 (sic)) .

Ces considérations provoquent la confiance aux témoignages de Huguet de Beaugency et de M.Greuzé.

Dans tous les cas, seuleument le fait du transfert dans une boîte des os de la famille des ducs de Saint-Aignan en 1792 et leur soustraction de la sépulture royale en 1818 est le seul fait que ces deux commissions tentaient évidemment de cacher en trouvant chaque fois un nouveau prétexte pour visiter la sépulture royale ( en 1792 – soi-disant pour la soustraction du plomb, en 1818 – soi-disant pour la préparation de la restauration du monument à Louis XI de Michel Bourdin, et en faisant  son travail principal - le transfert des restes des ducs de Saint-Aignan en même temps.

Les actions réelles des commissions sont: 

1) en 1792 Huguet de Beaugency et le moine M.Greuze apportent le reliquaire avec les os de la famille des ducs de Saint-Aignan dans la sépulture royale et font la description de tout ce qu'ils ont vu;

2) en 1818, la commission de Maxime de Choiseul d'Aillecourt tire le reliquaire avec les os des ducs de Saint-Aignan, change la boîte délabrée pour une nouvelle boîte, y transfère les restes des ducs de Saint-Aignan et avec les personages officiels l’a envoyée à Beaugency, évidemment dans une autre sépulture (selon le procès-verbal présenté dans le livre de L.Millet p.108): «M.Baschet observe que les ducs de Saint-Aignan, seigneurs de la Salle-lès-Cléry, avaient  à leur nomination quelques chanoines du chapitre, et notamment le doyen.

Que les titres trouvés avec la boîte ont été emportés à Beaugency et qu’il a été dressé du tout un procés-verbal.»[108] и отправили в Божанси (Beaugency).

Cette véritable cause des visites est pour nous une autre preuve importante de la vérité des témoignages des deux commissions sur la situation dans la sépulture royale parce que,  évidemment, les commissions n’avaient pas d’autre but des visites, plus important.

Dans deux déclarations, composées après le procès-verbal, et signées par De Choiseul, préfet du Loiret; S.J. Lemaigre, maire; Baschet, adjoint [p. 108] on indique que par ordre du préfet les restes d’un homme dans le sarcophage ont été soigneusement mis le long de la paroi droite de la sépulture ( sarcophage ?),  le sarcophage a été mis en ordre et le procès-verbal a été dressé à trois exemplaires dont l’un était aux archives départamentales, l'autre- à la mairie de Cléry, et le troisième exemplaire était mis dans une bouteille en verre de couleur verte et laissé dans le sarcophage du roi Louis XI: «La tombeau de Louis XI était voûté; on creva la voûte avec peine et l'on y fit une ouverture assez grande pour que deux personnes aient l'aisance d'y pénétrer. Elle fut mise ensuite dans l’élat où nous l'avons trouvée, aujourd'hui. Les ossements, contenus et épars dans le cercueil de pierre, ont été trouvés, réunis avec soin et posés debout à l'extrémité orientale de la tombe.

L'officier municipal qui a fait cette déclaration passe daas le pays pour être véridique.

Signé : De Choiseul; Lemaigre, maire;

Baschet, adjoint.

La présente déclaration, transcrite à la suite au procès-verbal qui précède, a été, ainsi le dit procès-verbal, dres­sée en triple expédition dont une a été exposée dans les archives de la Préfecture, la seconde dans celle de là mairie de Cléry, et la troisième, enfermée dans une bouteille de verre cachetée, a été placée dans le tombeau le 20 juillet 1818.

Signé : De Choiseul, préfet du Loiret; Lemaigre, maire;

Baschet, adjoint.

Ainsi, nous apprenons deux autres faits intéressants: 1) premièrement, selon les directives du préfet le tombeau a été mis en ordre et les restes ont été placés le long du mur droit du sarcophage (le squelette d’un homme, que nous avons étudié dans la sépulture royale, est situé en ordre anatomique à droite dans le sarcophage, si on se met face à l'autel ** - note de l’auteur S.A.G.). 2) deuxièmement, la commission de 1818, a laissé un des exemplaires du procès-verbal dans une bouteille en verre dans le tombeau de Louis XI  le 20 juillet 1818.

Dans tous les cas, les deux commissions affirment un fait important: dans un grand sarcophage ils ont vu des os humains en désordre, et  seuleument un crâne scié. **

C'était en 1792 comme en 1818. L’image fixée par deux commissions  dans la sépulture royale  à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIX siècle est gravement contraire à la situation actuelle dans le caveau étudié: maintenant ici dans le sarcophage pour un adulte il y a 2 squelettes des adultes  et 2 complexes des crânes, soi-disant représentant les crânes de deux personnes - du roi Louis XI et de son épouse, Charlotte de Savoie. Cette contradiction a été aperçue encore par L. Millet qui était attentif: «... De ce que nous venons de dire il semble: 1° que deux fois, en 1792 et 1818, le tombeau de Louis XI a été ouvert et qu’on y trouvé entre autres choses un crâne scié; 2º qu’à chaque fois, devant des témoins, les ossements ont été remis en place.» [p.109, L.Millet.].

Cependant, en 1889, Louis Saget trouve dans la sépulture royale déjà deux squelettes et deux crânes, qu'il définit comme les restes du couple royal: de Louis XI et de Charlotte de Savoie.

Avec cela, Louis Saget décrit sa visite à la sépulture royale ainsi: «Une cloison était au bas de l’escalier; d’un coup d’épaule je la renversai; elle était en briques mal jointes et lézardée. On tira du caveau beaucoup de terre, pierres, de dalles brisées  et l’auge sépulcrale  apparut tout entière. Lorsgu’on l’eut, déblayée elle nous laisse voir un amas considérable d’ossements. Ils étaient trop nombreux pour n’appartenir qu’ à un seul corps.  Je fis appel au docteur Duchâteau et à un anatomiste, Professeur au lycée d’Orléans.»[p.110-111.]. On peut voir de sa description, qu'il proteste immédiatement contre le fait indiqué dans les procès-verbaux de 1792 et 1818 – de ce que dans le sarcophage il y avait seuleument quelques ossements. En d'autres termes, Huguet de Beaugency et la commission de 1818, affirmaient qu’il y avait peu d’os dans le sarcophage, Louis Saget leur objecte, en notant que les os étaient si nombreux que cela dit de ce que c’est peu probable que parmi ces restes il y a ceux du même corps.

C’est intéressant comment Louis Saget a établi tel fait important sans être un expert dans le domaine de l’anatomie ou un médecin? Même la commission représentative en 1818, après avoir fait un rapport détaillé, n'a pas osé affirmer quoi que ce soit concernant le nombre exact de personnes enterrées dans le sarcophage. Elle n’a que constaté le fait, qu’il y avait un crâne scié et un peu d’os dans le sarcophage. Pour Louis Saget un coup d'oeil rapide a suffi pour comprendre immédiatement que c’était une sépulture de groupe.

En anticipant notre perplexité au sujet de ces déclarations audacieuses de sa part, Louis Saget se garantit immédiatement le soutient des spécialistes. Il fait venir le docteur Duchâteau et un anatomiste anonyme, professeur au lycée d'Orléans. Ce sont ces deux spécialistes qui «découvrent» déjà deux squelettes et deux crânes dans le sarcophage. Ainsi, la «découverte» de Louis Saget est confirmée brillamment  par des professionnels. Et maintenant toute la responsabilité du diagnostic de la sépulture du couple dans un sarcophage tombe sur ces deux specialistes. Ainsi que la contradiction évidente de leur diagnostic et de la description du contenu du sarcophage par les commissions en 1792 et 1818. Ainsi, l’honneur de la découverte de la sépulture du couple royal dans un sarcophage appartient à Louis Saget, et la responsabilité de la contradiction de l'image anatomique dans le sarcophage et l’état antérieur du sarcophage tombe entièrement sur les épaules des spécialistes que Louis Saget a fait venir. Ce sont eux qui ont constaté que dans le sarcophage il y a les restes de deux squelettes – d’un homme et  d’une femme et les restes de deux crânes [111].

La description même de l'intérieur chez Louis Saget diffère considérablement de celle de l'intérieur dans la sépulture royale chez Huguet de Beaugency (1792) et chez la commission du préfet de Choiseul-d'Aillecourt (1818) [110-111 – description de  L.Saget]. Louis Saget ne dit rien ni sur le sarcophage ni sur la bouteille de verre vert (laissée avec le procès-verbal de la commission du préfet de Choiseul-d'Aillecourt (1818) le 20 juillet 1818), ni sur l'inscription sur le mur que la commission de 1818 a vu : «Ouver par moi Huguet de Baugency», 1792 (sic) Il ne dit pas également un mot sur un petit sarcophage, sa description de la sépulture royale est  contraire à l’ intérieur de la sépulture, décrit par la commission de 1818.. (Rappelons-nous, par ordre du préfet on a mis de l’ordre dans le sarcophage, les balayures et la terre étaient enlevées  et les os d'un seul squelette étaient soigneusement rangés «et posés debout à l’extrêmite orientale de la tombe ...»[108]. L'homme qui est venu pour la première fois après la commission de 1818, ne pouvaient pas simplement pas voir tout cela.

Mais la différence la plus importante entre la «découverte» de Louis Saget et la description du sarcophage en 1792 et en 1818 c'est ce que les spécialistes: «docteur Duchâteau et à un  anatomiste, Professeur au lycée d'Orléans» [] découvrent déjà 2 squelettes et 2 crânes dans le sarcophage. évidemment, Lucien Millet a également remarqué cette non-conformité et a posé la question à Louis Saget. Il donne la réponse de Louis Saget dans son livre : il s’avère que tout est très simple: «Сomment se fait il que les archéoloques  qui descendirent plusiers fois dans le caveau n’aient pas vu les corps?

C’est qu’ils ignoraient l’escalier de pierre découvert par moi. Alor ils défoncèrent la voûte  et celleci, en tombant, mit en pièces les dalles qui couvraient le caveau. Ces messieurs prirent ces débris mélanges de ciment pour le fond de l’auge et n’allèrent pas plus loin. Il y avait trent centimètres de matériaux sur les corps royaux lorsque je les découvris.» [P.109].

N’ayant pas trouvé l’entrée avec l’escalier et c’est pourquoi forcés de percer l’ouverture dans la voûte du caveau, les "archéologues" fameux (comme, évidemment, L.Saget nomme la commission de 1818) eux-mêmes ont comblé involontairement la sépulture royale par la terre et les fragments de plâtre du plafond . Tellement que sur les corps  il y avait au moins 30 cm du sol  au moment de leur découverte par L. Saget. Il n’est pas étonnant que sous telle couche de terre on peut pas voir le second squelette.

Cependant, la couche de 30 cm de terre et de plâtre ne suffit pas pour combler entièrement tout le sarcophage. Si nous supposons qu’au moment de l'ouverture de la sépulture du couple par L.Saget en 1889, le sarcophage a été comblé par le sol, cela signifie que pratiquement la moitié de la sépulture royale a été remplie de terre. Pourtant, tant de terre ne pourrait pas tomber accidentellement à cause de l’endommagement de la voûte du caveau. Et dans le procès-verbal en 1818, le préfet de Choiseul-d'Aillecourt n'indique pas qu'il a ordonné de combler la sépulture royale par la terre pour cacher le sarcophage. Au contraire, il est indiqué que le sarcophage a été mis en ordre, les os ont été orientés vers l'est et une bouteille de verre vert avec un exemplaire du procès-verbal a été laissée. L.Saget ne mentionne pas tout cela comme il ne mentionne pas l’inscription de Huguet de Beaugency, qu’on a vu encore en 1818. En suivant l’explication de L.Saget il ne reste qu’à admettre que dans la période entre 1818 et 1889, les personnes non officielles inconnues ont pénétré secrètement dans la sépulture royale et puis: elles ont tiré secrètement la bouteille avec le procès-verbal du comte de Choiseul-d'Aillecourt, ont détruit l’inscription de Huguet de Beaugency et ont comblé le sarcophage et la moitié de la sépulture royale par la terre et les fragments de pierre. En tout cas, l'auteur de cette publication n’a pas d’ informations sur au moins une autre ouverture officielle de la sépulture royale dans la période entre 1818 et 1889. Telle explication de L.Saget contient beaucoup de points vagues et de détails franchement absurdes, ce qui ne peut pas éveiller la confiance absolue.

Une autre remarque  de L.Saget inquiète beaucoup le chercheur. Donc, en décrivant sa visite de la tombe du chambellan du roi Louis XI Tanneguy du Chastel, il remarque en passant que Huguet de Beaugency a pris le cercueil de plomb de Tanneguy du Chastel [110]. Cependant, on sait de sources que Huguet de Beaugency n’a visité à Cléry que le tombeau de Louis XI, et avec cela il avait deux missions - évidente et secrète. Ce qui a été déjà expliqué ci-dessus. Il n'a plus visité  les autres sépultures dans la basilique, sinon, ce serait reflété dans les sources. Mais, la commission de 1818 témoigne que c’est le caveau, visité par Huguet de Beaugency avant elle en 1792, qu’elle a visité. La commission n'a pas également visité les autres sépultures.

Il s'ensuit que, si on croit les explications de Louis Saget, les commission de 1792 et de 1818 se sont trompées de place (et Huguet de Beaugency a porté le reliquaire avec les restes des ducs de Saint-Aignan, pas dans le caveau royal, mais dans le tombeau voisin, avant tout Louis Saget a en vue la tombe de Tanneguy du Chastel). Selon cette version de L. Saget, et la commission du comte de Choiseul-d'Aillecourt est descendue aussi dans le tombeau de Tanneguy du Chastel. Par conséquent selon le soupçon de L.Saget la description de ces deux commissions correspond à l'intérieur du tombeau de Tanneguy du Chastel et non pas à celui du caveau royal. Alors, selon la description de ces deux Commissions (1792 et 1818), le tombeau de Tanneguy du Chastel doit représenter le caveau dans lequel il y aura le sarcophage en pierre avec les restes du squelette d’un homme - Tanneguy du Chastel. En outre, le crâne de Tanneguy du Chastel sera scié en deux parties (selon le témoignage des deux commissions) et sur le mur du caveau il y aura l'inscription: «Ouver par moi Huguet de Baugency», 1792 (sic) En effet, le procès-verbal dressé par le préfet de Choiseul-d'Aillecourt témoigne de cela! Et, bien sûr, dans le tombeau de Tanneguy du Chastel la bouteille avec le procès-verbal de la commission de 1818, laissé par le préfet, devait rester.

En tout cas, ni à Cléry ni en général en France, nous n'avons pas encore trouvé les matériaux de ce que le tombeau de Louis XI ou celui de Tanneguy du Chastel était visité par quelqu’un :  dépouillé ou ouvert dans la période entre 1818 et 1889. Donc, depuis le moment de la visite de la Commission de 1818 jusqu’à l'ouverture de Louis Saget en 1889 - rien ne devait changer à l'intérieur (parce que les deux tombes ont été murées).

à cette occasion, l'auteur s'est intéressé beaucoup à la description de l’intérieur et des restes du squelette de Tanneguy du Chastel, donnée par Louis Saget.

Voici comment L.Saget lui-même parle de cela: «Tout près de là, séparé de ce premier caveau par deux champ, je trouvai celui de Tanneguy du Chastel et ses ossements rangés dans un petit cercueil de chêne. Le plombier de Beaugency avait emporté également le cercueil de plomb qui renfermait son corps.

Je replaçai les ossements dans un cercueil neuf après avoir constaté la blessure faite au crâne du chevalier par un biscaїen et  mesuré son squelette gui avait 1,91 m. Je revins au caveau royal...»[... p.110].

Ainsi, comme on le voit dans le texte, et cette deuxième description est contraire à l’hypothèse de L.Saget lui-même que les Commissions de 1792 et 1818 se sont trompées de place. Parce que la description de l'intérieur de la tombe de Tanneguy du Chastel chez L.Saget est en complète contradiction avec la description de 1792 et 1818: Louis Saget trouve le squelette de Tanneguy du Chastel, mais dans un petit cercueil en bois et non pas dans un sarcophage. De nouveau, nous ne trouvons pas un mot au sujet du caveau,pas un mot sur le crâne scié, pas un mot sur la bouteille avec le procès-verbal de 1818, pas un mot sur l’inscription de Huguet de Baugency.

Louis Saget mentionne ce dernier seuleument en liaison avec son hypothèse que c’est Huguet de Beaugency qui a pris le cercueil de plomb.

Un autre détail est intéressant dans cette description. Louis Saget, ayant remarqué la blessure sur la tête du chevalier, et même ayant mesuré sa taille, n'a pas remarqué que le crâne du chambellan du roi a été scié. Ici notons également que si les os étaient dans une petite boîte, pour mesurer la taille, il fallait utiliser une méthode anthropologique. En 1889 les anthropologues ne savaient que deux façons : de M.Orfilla (proposé en 1831) et d’E.Rollet (proposé en 1888) [p. 221 chez V.P.Alekseev]. Cependant, il est difficile d'imaginer que L.Saget savait ces méthodes de la littérature spéciale. Alors, quelle méthode utilisait Louis Saget s’il donne la taille 1 mètre 91 cm?

Ainsi, Louis Saget n’a pas aperçu (n’a pas indiqué) que le crâne de Tanneguy du Chastel était scié – mais les deux commissions ont vu justement le crâne scié. Et si, selon l'hypothèse de L.Saget, toutes les deux commissions et de 1792 et de1818 ont visité la tombe de son chambellan au lieu du tombeau de Louis XI, là, il a dû trouver un squelette incomplet du Chastel, un crâne scié, et ces restes devaient être dans le sarcophage. Cependant, Louis Saget ne remarque pas le sarcophage dans la tombe de Tanneguy du Chastel, ainsi que le fait que le crâne de celui-ci était scié. Mais il trouve les restes d'un chevalier dans une «petite boîte en bois", mesure sa grande taille et fixe la blessure sur sa tête.

Ici il faut aussi ajouter qu’après l’examen méticuleux des murs de la sépulture royale (qui est «découverte» par Louis Saget), l'auteur a trouvé la date «1818» creusée sur le mur du fond du caveau, barbouillé de peinture noire (photo ...), ce qui a confirmé la présence de la commission de 1818 précisément dans la sépulture, maintenant désignée comme le tombeau de Louis XI.

 

Les faits établis des contradictions sérieuses sur l'identité du crâne du roi Louis XI, représenté à Cléry-Saint-André:

Ainsi, la description de l'intérieur des tombes de Tanneguy du Chastel et de Louis XI chez L.Saget diffère entièrement des descriptions de l’intérieur du tombeau de Louis XI en 1792 et en 1818.

L.Saget lui-même témoigne qu'il passait d'une sépulture à l'autre. Dans un grand sarcophage, nous trouvons deux os de la tombe de Tanneguy du Chastel, le fait de la fabrication artificielle de deux complexes craniens dont l'un représentait le roi Louis XI, et l’autre- la reine Charlotte de Savoie. En outre, ayant étudié les témoignages de L.Saget, nous voyons qu'ils entrent en opposition avec ceux des sources de 1792 et  de1818.

Et avec cela, les témoignages de L.Saget sont contraires à la description de la sépulture royale (dans le cas si les Commissions de 1792 et de 1818 ont été en place nommée maintenant le tombeau de Louis XI), comme à la description de la tombe de Tanneguy du Chastel, si les deux commissions se sont trompées selon la deuxième version de L.Saget lui-même. La seule chose qui unit les descriptions de 1792, de 1818 et de 1889 avec l'état actuel de la sépulture de Louis XI et de Charlotte de Savoie, c’est la présence du crâne scié. ** Compte tenu des faits, découverts  plus tôt, du transfert des os d'un sarcophage à l'autre [SAG], des explications confuses et contradictoires de L.Saget, de la présence des os de la sépulture de Tanneguy du Chastel dans un grand sarcophage de la sépulture royale, on ne pouvait pas rendre impossible le transfert du crâne scié du tombeau de Tanneguy du Chastel dans un grand sarcophage.

 

Conclusions:

Sur la base de l'étude de l'histoire de la «découverte» de la double sépulture en 1889 par Louis Saget , on a établi:

1) la description de la sépulture royale de Huguet de Beaugency coїncide en tout avec sa vue moderne;

2) la différence sérieuse de la description de Huguet de Beaugency en 1792 de la vue moderne est l’absence de la mention d'un petit sarcophage, et la présence d’un seul squelette et d’un seul crâne scié dans un grand sarcophage; 

3) la description de la sépulture royale par la commission de 1818, dirigée par le préfet du département du Loiret comte Maxime de Choiseul d'Aillecourt,  coïncide également en tout avec sa vue moderne et coїncide presque entièrement avec la description de Huguet de Beaugency en 1792;

4) La commission de 1818 témoigne que sur l'un des murs de la sépulture royale elle a vu l'inscription laissée par Huguet de Beaugency en 1792 «Ouver par moi. Huguet de Bougency, 1792 (sic) », ce qui est une preuve supplémentaire que Huguet de Beaugency en 1792 et  la commission de 1818 du comte Maxime de Choiseul d'Aillecourt ont visité la même sépulture;

5) La différence sérieuse de la description de la commission de 1818 du comte de Choiseul d'Aillecourt de la vue moderne est l’absence de la mention d'un petit sarcophage, et la présence d’un seul squelette et d’un seul crâne scié dans un grand sarcophage;

6) Contrairement à la description de 1792, la commission de 1818 ne mentionne rien sur les restes d'un adulte et d’un enfant sur le sol à gauche du sarcophage de pierre, dont Huguet de Beaugency a informé;

7) la  commission de 1818 indique que la sépulture royale était située directement sous le monument à Louis XI? Ceci est contraire à la disposition actuelle de la sepulture royale et du monument.

8) la date sur le mur, "1818", parle en faveur du fait que la commission de 1818 et, par conséquent, Huguet de Beaugency ont visité justement la sépulture royale.

9) les témoignages de deux sépultures (et de Louis XI et deTanneguy du Chastel) de Louis Saget, du pionnier de la double sépulture dans un grand sarcophage, entrent en opposition sérieuse avec la description des commissions  de 1792 et de 1818 (qui se rapportent). Il en résulte qu’on aperçoit le second squelette dans le sarcophage dans la sépulture royale seuleument en 1889, et on ne l'a pas remarqué en 1792 et en 1818, ou il y a un risque que le crâne scié (jusqu'ici le seul crâne possible d'être celui du roi) est transporté de la tombe de Tanneguy du Chastel. S’il faut en croire Louis Saget, la contradiction la plus grave et dangereuse est le fait de l’absence de différence de principe dans la description de deux caveaux - caveau du roi et celui du chambellan –la possibilité de la double explication de l’appartenance du crâne scié. Ou, si vous ne croyez pas Louis Saget, et croyez les commissions de 1792 et de 1818, un second squelette apparaît dans la sépulture royale seulement depuis 1889.

 

L'analyse de l'identification du crâne du roi, faite par Louis Saget avec les spécialistes invités en 1889:

Après avoir étudié les témoignages de Louis Saget sur les circonstances de la "découverte" par lui  en 1889 de la double sépulture «royale», et après avoir établi beaucoup de contradictions et des explications franchement absurdes, nous nous sommes intéressés, naturellement, aux détails de «l'identification anthropologique» de Louis Saget. Il était intéressant de savoir les faits sur la base desquels il et les spécialistes invités par lui, en particulier le Dr Duchâteau, sont arrivés à la conclusion que  les squelettes et les crânes «trouvés par L. Saget dans un grand sarcophage» appartiennent précisément au roi Louis XI et à son épouse Charlotte de Savoie.

Voici comment Louis Saget lui-même dit de cela: «L’expertise nous révéla d’abord des ossemments de femme: j’étais déconcerté, ne pensant pas à Charlotte de Savoie, seconde épouse de Louis XI. Quelques instants àprès, nous constations la présence d’un squelette d’homme: les deux corps étaient là presque entiers. J’allai prendre une histoire de France et des gravures anciennes représentant Louis XI et Chаrlotte de Savoie, et je m’en servis pour poser des questions à, es experts qui venait de reconstituer soigneusement les deux squelettes.»[p.111].

Ainsi, selon L.Saget,d’abord le squelette d'une femme a été trouvé. L.Saget même affirme qu'à ce moment ils ne pensaient pas de Charlotte de Savoie, la seconde épouse du roi Louis XI. Et puis, ils ont trouvé le squelette d'un homme.En utilisant l'histoire de France ( L.Saget n’indique pas l’auteur et l’année de la publication) et aussi les gravures avec un portrait du roi (de nouveau sans indication du temps de la production et de la paternité), L.Saget pose des questions aux experts:

«Quel âge pouvaient avoir ces personnages? Les différentes parties du crâne de l’homme commençaient à se souder il venait d’atteidre la soixantième année. Or, Louis XI est mort à soixante et un ans.

«La femme était beaucoup plus jeune: les maxillaires et le crâne indiquaient bien vingt ans de moins. Charlotte de Savoie mourut vers quarante ans. L’homme à un prognatisme étonnant qui dit plus que de la fermeté et de la dureté de caratére.»[112].

Ainsi, la première question est sur l'âge des personnes enterrées. La réponse est assez vague - "les différentes parties du crâne * d’un homme ont déjà commencé à se cicatriser, comme prévu à l'âge de soixante an. «Et Louis XI,» - L.Saget fait remarque immédiatement – est mort à l'âge de soixante et un ans. " Cette seule coїcidence suffit pour  L.Saget pour se convaincre définitivement qu'il a affaire avec le crâne du roi. Pourtant, il convient de noter que le couvercle du crâne avec les sutures crâniennes soudées correspond à l'âge qui dépasse beaucoup 60 ans ou 61 ans. Comme l'état cicatrisé des sutures crâniennes internes sur la couvercle du crâne du "complexe de Louis XI» témoigne – L’âge de la personne, à qui le couvercle du crâne appartenait, était entre 60 et 70 ans, plus proche de ce dernier chiffre, c’est- à-dire significativement plus âgé que l'âge de calendrier du roi. Dans le même temps, la personne à qui le crâne du complexe de Charlotte de Savoie appartenait, pourrait avoir de 50 à 60 ans inclusivement, alors que l'âge de la reine était 38 ans au moment de sa mort en 1483. Donc selon l'âge, le crâne ne pouvait pas appartenir à Charlotte de Savoie. Selon quels signes des mâchoires a-t-il été constaté que le crâne d’une "femme" était vingt ans de moins? Si seulement selon une seule dent conservée, son état est bien pire que celui de la dent blanche comme neige aux puissantes mâchoires prognatiques du crâne du «roi», «témoignant du caractère fort." Naturellement, du caractère très fort, si on tient compte du fait que ces deux mâchoires prognatiques appartiennent de plus à la femme. En tout cas, les arguments de l '«identification selon Louis Saget" ne résistent pas à la critique, tellement ils sont superficiels.

Cependant, dans la description donnée d’après L.Saget il y a un détail intéressant expliquant son assurance de l'identité du crâne - «J’allai prendre une histoire de France et des gravures anciennes représentant Louis XI et Chаrlotte de Savoie».  Ainsi, il s’avère que L.Saget «examinait» tous les deux spécialistes, s’étant armé de la même «histoire de France et des gravures anciennes» sur lesquelles le roi Louis XI et Charlotte de Savoie étaient représentés. L.Saget n’indique ni l'auteur de cet "Histoire de France" ni l'année de sa publication, et bien sûr il n’indique pas la paternité des gravures et le temps de leur fabrication. Il en résulte qu’à priori comme s’il savait exactement déjà quelle était le visage du roi.

Nous consacrerons un chapitre séparé, donné ci-dessous, à l’analyse des images existantes de Louis XI et de Charlotte de Savoie. Ici, il convient de noter que jusqu'à ce jour les historiens n'ont pas de solides preuves qu'au moins l'une des images détaillées du roi correspond à la face originale de Louis XI. Cela concerne également tels portraits bien connus, comme le portrait de Louis XI de 1475, se conservant au Brooklyn Museum of Art à New York, et le portrait de Jean Fouquet.

En outre, ces portraits sont devenus populaires ces derniers temps et à l’époque moderne, surtout après les ouvrages substantiels de tels biographes du roi Louis XI, comme Pierre Champignon, Paul Murray Kendall, Jacques Heers, Ivan Gobry, Jean Favier, et d’autres. Pendant longtemps, le roi était représenté par la gravure du XIXe siècle, qui a été même appelée "une image classique de Louis XI», où le roi Louis est montré en pied avec une canne (Figure).

Ce portrait est une bonne illustration d'art, comme le roman de Walter Scott plutôt qu'un véritable portrait du roi. C’est lui qui était probablement réel pour Louis Saget. Car seulement sur lui il y a un prognathisme caractéristique des mâchoires supérieure et inférieure, " témoignant du caractère fort." Cependant, L.Saget n’a pas tenu compte de deux choses, premièrement, le portrait était l’image artistique faite sur la base de l'imagination plutôt que sur la base de plus anciens portraits. Et, deuxièmement, le prognathisme des mâchoires, qui l’a convaincu définitivement, est un signe anthropologique plus inhérent aux femmes qu’aux hommes. Ceci est connu pour les anthropologues. En outre, dans ce cas, malgré les grandes dimensions, les mâchoires étaient féminines, comme en témoignent la structure de leurs branches et la forme et la dimension de la couronne d’une seule dent conservée. Pour cette raison, nous pouvons voir clairement que toute tentative d'adapter un véritable crâne humain à l’imagination de celui-ci, ou aux images achevées est viciuse à sa base. Parce qu’elle conduit les investigateurs de côté et mène à  l’interprétation incorrecte et à la falsification même des faits disponibles.

Les témoignages ultérieurs de L. Saget ne représente pas déjà l'intérêt, comme les preuves de l’dentification, c’est déjà un complément à l'information sur le roi. Une sorte de confirmations complémentaires de la justesse de l’identification :

«Ces messieurs me firent remarquer que les deux crânes avaient été sciés horizontalement comme cela se pratiquqit en vue des embaumements royaux.

«Les sternum de l’homme avait été scié également. Or, nous savons que le coeur de Louis XI, d’après ses ordres, fut extrait de sa poitrine après sa mort et transporté à Saint-Denis dans le tombeau des rois.»

En effet, nous avons également trouvé le fragment scié du manche du sternum de l’homme dans un grand sarcophage. Cependant, non seuleument le roi Louis XI suivait la coutume de consacrer son cœur à l'une des églises les plus vénérées et bien-aimées. Au Moyen âge beaucoup d’aristocrates français agissaient ainsi. Et dans la basilique de Notre-Dame de Cléry, aux XV-XVI siècles, en dehors du roi Louis XI, pas moins de neuf personnes adultes ont été enterrées. Alors, affirmer que le manche scié du sternum ne pouvait appartenir qu’au roi, ce serait trop catégorique.

«Le docteur Ganal, qui a écrit l'histoire des embaumements depuis le temps des Egyptiens, nous dit qu'au xve siècle, pour embaumer le corps des rois et des reines, on sciait leur crâne préalablement lavé avec du vin vieux, puis on introduisait dans l'épine dorsale une poudre préparée par l'apothicaire de sorte que tout le corps était préservé.»[112].

Ainsi, les experts remarquent que les deux crânes sont sciés horizontalement, ce que témoigne de l’embaumement posthume des corps du roi et de la reine. L'auteur n’a rien contre l’explication du sens du sciage des crânes, mais il méfie de l'affirmation catégorique que les crânes appartiennent au roi et à la reine. C’est bien dommage que Louis Saget ne donne pas le titre de l’ouvrage du docteur Ganal. Il aiderait beaucoup dans la présente identification. Sans ce travail et les arguments de cet auteur l’affirmation de L. Saget, selon laquelle une telle méthode d'embaumement était la prérogative seulement du roi, semble peu fondée.La conclusion qu’ils font peu à peu que cet embaumement est typique justement pour Louis XI est encore plus douteuse. Tandis que, l'auteur de cet ouvrage, étudiant spécialement cette question, ne réussit pas pour le moment, trouver les documents que le corps du roi Louis XI était embaumé de cette façon. De plus, dans l'article de Michel Billard et de Christian Simon [32-33] il y a une photo du crâne scié de Pierre Hasard, seigneur de Buffière, notaire de roi, enterré dans le priorat de Maubec, qui a vécu au XVe siècle. Ainsi, il devient clair que telle méthode de l’embaumement pourrait aussi être pratiquée pendant l'embaumement de corps non seulement des personnes du sang royal, mais aussi simplement des nobles.

«Le professeur d'anatomie me fit remarquer le crâne génial et très fort du roi. Mais à l'endroit du temporal gauche, il est aminci au point que l'on voit à travers l'os une lumière faible : là où il est transparent, il y aurait trace d'hypertrophie du crâne, de méningite ou de tumeur, en tout cas d'un mal très grave devant atteindre le cerveau. Or, Louis XI était traité par ses médecins comme un épileptique; il était, avant soixante ans, d'une enfance sénile précoce qui fit de lui à Plessis-lès-Tours un peureux et un couard alors qu'il avait toujours été le plus brave des chevaliers.» [112].

Ici, l'anatomiste inconnu d’Orléans fait une tentative audacieuse pour lire les traits de caractère et même l'intelligence selon le crâne. La phrénologie est longtemps exclue du nombre de disciplines scientifiques, c’est pourquoi pas la peine de commenter la conclusion sur le génie. Cependant, une tentative de voir les maladies selon le crâne, est tout à fait correcte, et même utile. Parce que la trace, laissée par la pathologie sur les os, est souvent seule qui permet aux experts d'identifier. Pourtant, nous ne pouvons pas être d'accord avec des assertions catégoriques du collègue sur l’épilepsie spécifiquement. Premièrement, à présent dans la science il n’y a pas de  critères précis du changement de la forme du crâne sous l’influence de l’épilepsie. Deuxièmement, les chroniqueurs et les biographes du roi Louis XI ne décrivent pas qu'il souffrait de crises, comme César ou Dostoïevski. En outre, les changements sur les crânes étudiées témoignent que les personnes à qui ils appartenaient souffraient d’une grave athérosclérose cérébrale. Les rainures artérielles profondes avec des bords bien dessinés sur la surface interne des crânes (fig.) témoignent de cela. Ce sont les traces des murs très calcinés des artères de l’ancéphale, ce qui est une parfaite illustration de la manifestation d'une longue athérosclérose. A propos, des maux de tête fréquents et prolongés du roi Louis XI, en particulier dans la seconde moitié de la vie, témoignent de la même chose. Le roi, connu pour sa diplomatie et sa ruse, menant constamment la lutte politique et les intrigues, était presque constamment dans le fort stress nerveux. Comme on sait des œuvres classiques de G. Selye cela mène à un spasme stable presque constant des vaisseaux sanguins du cerveau. Peut-être un de ces spasmes était fatal pour Louis XI. Il a conduit à une rupture de l'artère suivie par une ischémie cérébrale, et dont le roi est mort le dernier jour de août 1483.

«Ajoutons à toutes ces remarques que la taille des deux personnages est bien celle qu'on leur attribue.

«Dans ce tombeau préparé par ses soins, c'est donc bien Louis XI qui repose aux pieds de la Madone qu'il a tant aimée, qui l'a protégé et aidé à refaire la France, dans cette magnifique basilique qu'il a édifiée en son honneur après le vœu de Dieppe. »[112].

Le dernier remarque de L. Saget, est déjà comme une conclusion générale. L'affirmation que le roi est enterré justement là où il l'a trouvé. Après les arguments de l '«identification de Louis Saget," cette assertion est déjà peu convaincant. Cependant, pour les chercheurs l'affirmation sur la mise en place de la basilique précisement par Louis XI en l'honneur de l’aide de la Vierge et de la victoire à Dieppe est importante. Cette assertion est devenu traditionnelle dans l'histoire de la question de la restauration de la basilique même qui a été détruite par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans. Elle n’est pas correcte, comme nos recherches l’ont montré, en outre, justement cette erreur emmenait souvent chercheurs avant nous des recherches des véritables sépultures des personnes  historiques dans Notre-Dame de Cléry. La même erreur ne donnait pas longtemps la possibilité au groupe de recherche en 2001 et 200 de comprendre où se trouvait la sépulture réelle du roi. C’est pourquoi,  maintenant nous attirons l'attention du lecteur sur ce fait. Il est important pour l'identification correcte des personnes enterrées dans la basilique. Nous décriront cela en détail ci-dessous, dans un chapitre distinct.

En résumant l'analyse de l'«identification de Louis Saget», il est évident que celui-ci argumente  l'identité du crâne de Louis XI seuleument par deux faits: par l’âge de la calotte crânienne (le complexe de Louis XI, dans notre description) et par la présence du squelette de la femme à côté que L.Saget prend pour Charlotte de Savoie, malgré l’évidente constitution masculine du crâne et l'âge d'une seule dent, qui n’indique pas clairement 38 ans (le complexe de Charlotte de Savoie). Tous les autres arguments ne résistent pas à la critique, soit ils sont ouvertement subjectifs, comme les assertions sur la «fermeté de caractère» ou le «génie» soit infondés et douteux, du genre du diagnostic de l’"épilepsie" ou de la méthode de l'embaumement. Ainsi, on ne peut pas considérer l’identification de L.Saget, comme la preuve de l’appartenance des crânes d'un grand sarcophage dans la «sépulture royale" à Louis XI et à Charlotte de Savoie.

Ces conclusions ont compliqué considérablement la tâche de nos recherches, parce qu’un autre argument, témoignant en faveur de l'appartenance de la sépulture étudiée à Louis XI et à son épouse, n’était plus de rigueur.Mais il y avait encore une place, déterminée par l’administration royale, et de plus le tombeau de Tanneguy du Chastel, pouvant répondre aux nombreuses énigmes, n’était pas étudié. C’est pourquoi l'auteur a retardé de faire la dernière conclusion jusqu’à l’étude du tombeau de Tanneguy du Chastel.

 

Notes:

* - De Torquat «Histoire de Clery» * - la référence à la page 105 chez Lucien Millet

** - l’italique de l’auteur de l’article.

*** - Ni Huguet de Beaugency ni la commission de 1818 n’appellent la place nommée à présent comme le caveau royal par ce nom - caveau royal dans leurs procès-verbaux. Huguet de Beaugency ne nomme nullement cette place  dans sa description. (Lucien Millet nomme cette place la sépulture du roi dans sa description de la visite de Huguet de Beaugency), et la сommission de 1818 utilise deux noms: «mausolée de Louis XI» et «tombeau de Louis XI»

**** - (I) L'inscription Existe Encore Aujourd'hui, Elle Est AINSI libellée: «Ouver par moi Huguet de Baugency», 1792 (sic). - Cette note est citée par moi du texte du procès-verbal de la commission du comte de Choiseul d'Aillecourt (note de l'auteur - S.A.G.).